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Cigarette électronique

Les variateurs de contrôle de la production : un atout pour améliorer le processus

Une pratique orientée vers le volume maximal de vapeur : ce qu'elle exige en matériel, en sécurité, et pourquoi elle s'est marginalisée.

Box puissante et atomiseur reconstructible posés sur un établi
Box puissante et atomiseur reconstructible posés sur un établi

En bref

  • Le cloud chasing vise le volume de vapeur maximal, pas la satisfaction nicotinique.
  • Il impose des montages à très basse résistance et des accus à fort courant de décharge.
  • La consommation de liquide dépasse couramment 20 ml par jour.
  • Le taux de nicotine doit descendre à 3 mg/ml ou moins pour éviter le surdosage.
  • La pratique s'est marginalisée à mesure que le marché s'est recentré sur le sevrage.

Le cloud chasing désigne une pratique orientée vers la production du volume de vapeur le plus important possible. Née dans les années 2010, portée par des compétitions et des démonstrations, elle a marqué durablement l'image de la vape avant de se marginaliser. Elle reste intéressante à comprendre, ne serait-ce que pour saisir ce qui la sépare d'un usage de sevrage.

Ce que la pratique recherche

ObjectifMoyen
Volume de vapeur maximalTrès basse résistance, forte puissance
Vapeur dense et visibleLiquide très riche en glycérine
Débit d'air importantAération très ouverte
Montée en température immédiateGrande surface de chauffe

Le matériel

Valeur de résistance
Sous 0,2ohm
Puissance appliquée
100 à 250watts
Ratio du liquide
20/80 ou 30/70riche en VG
Taux de nicotine
0 à 3mg/ml
Consommation quotidienne
20 mlet plus

Les valeurs de résistance visées sont inaccessibles aux résistances préfabriquées du commerce. La pratique relève donc du reconstructible, où le vapoteur monte lui-même son fil et son coton. Notre article sur les atomiseurs de vape détaille cette pratique.

Les contraintes électriques

C'est la dimension la plus critique. L'intensité appelée par un montage égale la tension de l'accu divisée par la résistance.

RésistanceIntensité à 4,2 VPuissance
0,2 ohm21 A88 W
0,15 ohm28 A118 W
0,12 ohm35 A147 W
0,1 ohm42 A176 W

Le dosage de nicotine

PuissanceTaux maximal raisonnable
50 W6 mg/ml
80 W3 mg/ml
120 W3 mg/ml
Au-delà de 150 W0 à 1,5 mg/ml

Le volume de vapeur inhalé est tel qu'une concentration supérieure provoque un surdosage en quelques minutes : nausées, vertiges, maux de tête, accélération du rythme cardiaque. Beaucoup de pratiquants vapotent sans nicotine. Notre guide du dosage détaille cette relation.

Le coût

PosteCoût mensuel
Liquide prêt à l'emploi, 20 ml par jour330 à 480 euros
Liquide en grand format, 20 ml par jour200 à 240 euros
Liquide en fabrication maison72 à 120 euros
Fil et coton5 à 10 euros
Accus, remplacement fréquent10 à 20 euros

La fabrication maison n'est donc pas un choix mais une nécessité économique dans cette pratique. Notre guide pour fabriquer son propre e-liquide détaille la méthode, et notre article sur les prix de la vape situe ces montants.

Les contraintes pratiques

L'autonomie. Deux accus de 3000 mAh tiennent moins de deux heures à 150 watts.

Les remplissages. Avec un réservoir plafonné à 2 ml en Europe et une consommation de 20 ml par jour, cela représente dix remplissages quotidiens.

Le remontage. Un coton saturé se remplace souvent quotidiennement.

La discrétion. Inexistante, par définition.

Notre article sur la limite des 2 ml détaille la contrainte réglementaire européenne.

La question sanitaire

Pourquoi la pratique a reculé

PériodeTendance dominante
Milieu des années 2010Course au volume, compétitions
Fin des années 2010Recentrage progressif
Période récenteTirage serré et sels de nicotine majoritaires

Trois facteurs expliquent ce reflux. Le marché s'est recentré sur les anciens fumeurs, qui cherchent un substitut discret. Les sels de nicotine ont rendu possible la transition des fumeurs très dépendants sur du matériel de faible puissance. Et le coût de la pratique, en liquide comme en consommables, l'a réservée à une minorité.

Notre article sur les tendances de la vape retrace cette évolution.

Ce qu'il en reste d'utile

La pratique a contribué à faire progresser plusieurs aspects du matériel qui bénéficient aujourd'hui à tous les vapoteurs.

ApportBénéfice actuel
Résistances meshGénéralisées, y compris sur les pods
Aération réglable finementStandard sur tous les atomiseurs
Puces avec protections multiplesSécurité de tout le matériel régulé
Accus à fort courant de déchargeDisponibilité générale

Ce que la pratique a laissé au matériel courant

HéritagePrésent aujourd'hui
Résistances basses valeursGénéralisées, y compris sur des pods
Bases très glycérinéesCourantes, 70 % de VG et plus
Tirage aérien réglableStandard sur la plupart des atomiseurs
Puissances élevées disponiblesSur toutes les box
Accus haute déchargeLargement distribués
Connaissance des protectionsDiffusée dans la communauté

C'est le paradoxe de cette pratique marginale : elle a tiré vers le haut les exigences techniques de tout le marché. Un pod courant d'aujourd'hui intègre des protections et des tolérances qui n'existaient pas avant que des vapoteurs ne poussent le matériel dans ses retranchements.

Elle a aussi diffusé une culture de la sécurité électrique, autour des accus, des courants de décharge et du montage en parallèle, dont bénéficient aujourd'hui des utilisateurs qui ne feront jamais de gros nuages. Notre fiche sur les types de batterie de cigarette électronique détaille ces aspects, et notre page sur les batteries de vape leur entretien.

Ce qu'il faut en retenir si l'on débute

QuestionRéponse
Faut-il beaucoup de vapeur pour arrêter de fumer ?Non, le taux de nicotine compte bien davantage
Un gros nuage restitue-t-il mieux les arômes ?Pas nécessairement, souvent l'inverse
Cette pratique coûte-t-elle cher ?Oui, en liquide, en résistances et en accus
Est-elle adaptée à une transition ?Non, le tirage direct convient mal à un fumeur
Que retenir pour un débutant ?Un tirage serré et un taux de nicotine adapté

La dernière ligne est celle qui compte pour la grande majorité des lecteurs. Notre fiche sur le taux de nicotine détaille ce réglage, de loin le plus déterminant d'une transition réussie.

En résumé

Le cloud chasing vise le volume de vapeur maximal, avec des montages sous 0,2 ohm, des puissances au-delà de 100 watts et une consommation dépassant 20 ml par jour. Il impose un taux de nicotine très bas et des accus capables de fournir 30 ampères et plus. C'est une pratique technique exigeante, à l'opposé de l'usage de sevrage, et elle s'est marginalisée à mesure que le marché se recentrait sur les anciens fumeurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le cloud chasing ?

Une pratique orientée vers la production du volume de vapeur le plus important possible, souvent dans un cadre de démonstration ou de compétition. Elle repose sur des montages à très basse résistance, de fortes puissances et des liquides riches en glycérine.

Quel matériel faut-il ?

Un atomiseur reconstructible à large aération, un montage sous 0,2 ohm, une box capable de délivrer plus de 100 watts ou un montage mécanique, et des accus dont le courant de décharge continue dépasse largement l'intensité appelée.

Combien de liquide cela consomme-t-il ?

Couramment plus de 20 ml par jour en pratique régulière, contre 2 à 5 ml sur un pod. Le budget liquide mensuel dépasse alors 120 euros en prêt à l'emploi, ce qui explique que la fabrication maison soit la norme dans cette pratique.

Quel taux de nicotine ?

3 mg/ml au maximum, souvent 0 mg/ml. Le volume de vapeur inhalé est tel qu'une concentration supérieure provoquerait un surdosage immédiat, avec nausées, vertiges et maux de tête en quelques minutes.

Cette pratique est-elle dangereuse ?

Elle expose à deux risques distincts : la sollicitation des accus au-delà de leurs capacités, qui peut conduire à un emballement thermique, et l'inhalation de volumes importants à température élevée. Les deux se maîtrisent, mais exigent des connaissances précises.

Pourquoi le cloud chasing a-t-il reculé ?

Parce que le marché s'est recentré sur les anciens fumeurs, qui cherchent un substitut discret plutôt qu'une performance. Le retour du tirage serré et la généralisation des sels de nicotine ont accompagné ce mouvement.

Faut-il des connaissances en électricité ?

Indispensables. Il faut savoir calculer l'intensité appelée par un montage, connaître le courant de décharge continue de ses accus et vérifier que la marge est suffisante. Sur un montage mécanique, ce calcul est la seule sécurité existante.

Quel ratio de liquide ?

Très riche en glycérine, de type 20/80 ou 30/70. C'est elle qui produit la vapeur visible. Un liquide riche en propylène glycol donnerait une vapeur fine et peu visible, contraire à l'objectif recherché.

Les résistances durent-elles moins longtemps ?

Nettement. Un montage à très basse puissance vaporise énormément de liquide par seconde, ce qui accélère l'accumulation de dépôts et la dégradation du coton. Le remontage devient une routine quasi quotidienne.

Peut-on faire du cloud chasing avec un matériel du commerce ?

Partiellement, avec un atomiseur sub-ohm à large aération et une box puissante. Les montages de compétition relèvent en revanche du reconstructible, avec des valeurs de résistance inaccessibles aux résistances préfabriquées.

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